Practice
Home returns through altered images.
Le foyer revient à travers des images transformées.
I explore how my relationship to home has changed through displacement.
I work from images, objects and memories that have become difficult to approach directly: photographs of my village in West Bengal, rice-field landscapes, blurred screenshots from video calls with my mother, objects I carried from India, and places in France that reactivate a memory of home.
I do not try to restore these images intact. I approach them as surfaces already made fragile by distance, technological mediation and time. In my drawings, paintings and installations, an image may be erased, perforated, covered, transferred, dissolved or reconstructed through matter.
I work with graphite and charcoal in powder and pencil form, oil, casein, gum arabic, paper, linen, wood, acetone and pigments collected locally in France. I prepare some binders by hand. In one series, pigments pass through perforated photographs of rice fields; in another, I paint images from calls with my mother and partially remove their surfaces with acetone.
These gestures are not simply formal effects. They describe a relation to home that has become indirect, unstable and incomplete. Displacement is not only a subject in my work; it changes how I see, remember and recognise.
I work in the interval between presence and disappearance, attachment and distance, recognition and loss. I understand belonging not as a fixed state, but as a fragile relation continually remade between places left behind, places inhabited, and the images connecting them.
Ma pratique explore la transformation du rapport au foyer après le déplacement.
Je travaille à partir d’images, d’objets et de souvenirs devenus difficiles à approcher directement : photographies de mon village au Bengale occidental, paysages de rizières, captures d’écran floues d’appels vidéo avec ma mère, objets emportés depuis l’Inde, ainsi que lieux rencontrés en France qui réactivent la mémoire du foyer.
Je ne cherche pas à restituer ces images dans leur intégrité. Je les aborde comme des surfaces déjà fragilisées par la distance, la perte de netteté, la médiation technologique ou le passage du temps. Dans mes dessins, peintures et installations, l’image apparaît souvent de manière partielle : elle est effacée, perforée, recouverte, transférée, dissoute ou reconstruite à travers la matière.
Mes travaux récents utilisent le graphite, l’huile, la caséine, le papier, le lin, le bois, l’acétone et des pigments que je collecte localement en France. Je prépare certains liants à la main. Dans certaines séries, je laisse passer des pigments à travers des photographies perforées de rizières ; dans d’autres, je peins des images issues d’appels vidéo avec ma mère avant d’en effacer partiellement la surface.
Ces procédés me permettent d’interroger ce qui demeure visible lorsqu’une image liée au foyer traverse la distance, la mémoire et la transformation matérielle. Le déplacement n’apparaît pas comme un simple sujet narratif, mais comme une condition qui modifie la manière de voir, de se souvenir et de reconnaître.
Mon travail s’inscrit dans cet espace intermédiaire : entre présence et disparition, attachement et éloignement, reconnaissance et perte. J’y envisage l’appartenance non comme un état fixe, mais comme une relation fragile, continuellement rejouée entre les lieux quittés, les territoires habités et les images qui les relient.